Retour au sommaire
 
 
Idées
Pourquoi si peu de contre-expertise ?

Le débat public français souffre de l’absence de contrepoids. Face aux institutions productrices de données et d’analyses officielles, les lieux qui sont capables d’apporter la contradiction sont bien peu développés. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller fureter sur la toile américaine, qui fourmille de centres de recherche, de réseaux et d’instituts indépendants qui produisent en permanence une contre-argumentation, une critique souvent très riche de la situation économique et sociale, des politiques publiques (voir par exemple, l’Electronic Policy Network autour du magazine « The American Prospect »). En France, la tradition de service public est forte, mais du coup les institutions disposent d’un quasi monopole…

Traditionnellement, les associations caritatives et les organisations non-gouvernementales ont toujours comblé une partie ce vide, dans le domaine de l’humanitaire, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion : voir par exemple le rapport annuel sur l’Etat du mal logement de la fondation Abbé Pierre . De même, les syndicats ont eu aussi cherché à faire ce travail de décryptage : voir le travail de la FSU dans le domaine de l’éducation et récemment sur les retraites, ou du Syndicat national unifié des impôts pour les questions fiscales.

Se greffe aujourd’hui de nouvelles formes d’associations moins directement liées à l’action de terrain mais qui complètent ou contestent l’information et les analyses officielles. Elles fleurissent en partie grâce à l’Internet permet de créer relativement facilement des réseaux, d’échanger et de publier. Aujourd’hui, la principale force en la matière c’est sans doute l’association Attac , lieu de débat, d’analyse, de contre-proposition qui s’appuie sur 10 000 militants. Bien d’autres lieux de ressources existent. Le Réseau d’alerte sur les inégalités , à l’initiative du premier « Baromètre des inégalités et de la pauvreté » (publié par Alternatives Economique) propose des politiques publiques Alternatives. L’association Claris cherche à clarifier le débat sur la sécurité face au discours univoque ambiant selon lequel seule la répression à outrance pourrait régler le problème de la violence. L’Observatoire des inégalités s’inscrit dans ce mouvement : face au déficit d’information des services publics nous voulons ouvrir un débat en mettant sur la table les données du problème et les analyses qui nous semblent le plus pertinentes en faisant intervenir des scientifiques de l’ensemble des sciences humaines.