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Idées
Pourquoi si peu de contre-expertise ?
Par Louis Maurin, Observatoire des inégalités

Le débat public français souffre de l’absence de contrepoids. Face aux institutions productrices de données et d’analyses officielles, les lieux qui sont capables d’apporter la contradiction sont bien peu développés. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller fureter sur la toile américaine, qui fourmille de centres de recherche, de réseaux et d’instituts indépendants qui produisent en permanence une contre-argumentation, une critique souvent très riche de la situation économique et sociale, des politiques publiques (voir par exemple, l’Electronic Policy Network autour du magazine « The American Prospect »). En France, la tradition de service public est forte, mais du coup les institutions disposent d’un quasi monopole…

Traditionnellement, les associations caritatives et les organisations non-gouvernementales ont toujours comblé une partie ce vide, dans le domaine de l’humanitaire, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion : voir par exemple le rapport annuel sur l’Etat du mal logement de la fondation Abbé Pierre . De même, les syndicats ont eu aussi cherché à faire ce travail de décryptage : voir le travail de la FSU dans le domaine de l’éducation et récemment sur les retraites, ou du Syndicat national unifié des impôts pour les questions fiscales.

Se greffe aujourd’hui de nouvelles formes d’associations moins directement liées à l’action de terrain mais qui complètent ou contestent l’information et les analyses officielles. Elles fleurissent en partie grâce à l’Internet permet de créer relativement facilement des réseaux, d’échanger et de publier. Aujourd’hui, la principale force en la matière c’est sans doute l’association Attac , lieu de débat, d’analyse, de contre-proposition qui s’appuie sur 10 000 militants. Bien d’autres lieux de ressources existent. Le Réseau d’alerte sur les inégalités , à l’initiative du premier « Baromètre des inégalités et de la pauvreté » (publié par Alternatives Economique) propose des politiques publiques Alternatives. L’association Claris cherche à clarifier le débat sur la sécurité face au discours univoque ambiant selon lequel seule la répression à outrance pourrait régler le problème de la violence. L’Observatoire des inégalités s’inscrit dans ce mouvement : face au déficit d’information des services publics nous voulons ouvrir un débat en mettant sur la table les données du problème et les analyses qui nous semblent le plus pertinentes en faisant intervenir des scientifiques de l’ensemble des sciences humaines.


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Par Louis Maurin, Alternatives économiques et Observatoire des inégalités
Par Patrick Savidan, Paris IV et Observatoire des inégalités
La loi Sarkozy pour la "maîtrise de l’immigration" entre en vigueur. Parce qu’elle ignore, selon Patrick Savidan (Paris IV et rédacteur en chef de la revue Raison publique), le problème des inégalités, cette politique de l’inhospitalité se présente aussi comme une politique de l’injustice sociale.
Par Laurent Mucchielli (CNRS/ CESDIP)
Telle que la pratique Laurent Mucchielli, historien et sociologue, chargé de recherches au CNRS et directeur du CESDIP, l’analyse sociologique de la criminalité et de la délinquance ouvre un angle de réflexion tout à fait essentiel sur les inégalités sociales.
Réduire les inégalités
Par Jean-Paul Fitoussi (Sciences-po, Paris)
Contre le discours dominant selon lequel il faudrait réduire la solidarité pour relancer l’emploi, Jean-Paul Fitoussi, auteur de La démocratie et le marché (Grasset, 2004) suggère de restaurer l’ordre des raisons, soit : agir pour réduire le chômage ... pas la solidarité.
Entretiens
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